Collectif Basse Vallée du Lot Santé-Environnement

08 novembre 2018

Comprendre les mécanismes sophistiqués de manipulation mis au point par les lobbies

Comprendre les mécanismes sophistiqués de manipulation mis au point par les lobbies

Résumé et extraits de l’émission La Grande Table d’Olivia Gesbert, sur France Culture, le 30 octobre 2018 à 12H50, avec Stéphane Horel, journaliste indépendante d'investigation et documentariste, à l'occasion de la parution de son livre "Lobbytomie. Comment les lobbies empoisonnent nos vies et la démocratie" (La Découverte, 2018). L’émission peut être réécoutée sur le site de France Culture.

Lobbytomie, ou la contraction des mots Lobby et Lobotomie.

Les industriels ont compris que les décideurs n’avaient pas de culture scientifique et qu’il fallait pour défendre les intérêts industriels placer des intermédiaires entre les producteurs de la science et les décideurs publics. Les industriels ont donc produit et transmis un savoir instrumentalisé et détourné, ce qui est en soi une destruction du savoir. Quand des études indépendantes montrent qu’un produit pose problème, les industriels, en réplique, produisent de la matière scientifique qui dit le contraire et ce « nouveau savoir » rentre dans les revues qui publient des articles sponsorisés par les industriels. Leurs objectifs : retarder la décision qui pourrait leur être défavorable et infléchir la réglementation dans le sens qui leur convient.

Le mauvais bénéfice du doute

Nous vivons sous l’emprise du doute, qui profite à l’accusé plutôt qu’aux victimes... Instiller le doute : une stratégie de manipulation de la science, «  ou la manufacture du doute », pour créer artificiellement de la controverse, ou de la pseudo-controverse, repousser les frontières de l’incertitude (l’incertitude qui est en réalité le moteur vertueux de la science). Les industriels via des « savoirs » alternatifs ou faux faits transforment cette incertitude en vulgaire doute, la barrière facile qui ferme l’accès à la véritable information.

Comment en est-on arrivé au verdict contre Monsanto cet été qui est accusé par le jardinier Dewayne Johnson d’avoir caché la dangerosité du glyphosate : les procédures US sont différentes des procédures françaises, il existe aux US la procédure de découverte pour aller à la pêche aux documents : on a découvert la pratique du ghostwriting qui consiste à faire signer les articles internes par des universitaires qui n’ont pas de lien de subordination avec la firme. Le protocole est très subtil : les industriels proposent à ces universitaires de participer ou de rédiger une petite partie de l’article (qui est souvent très long) ; les scientifiques qui vendent leur nom ont l’impression d’avoir fait leur travail.

Les premières alertes contre le glyphosate remontent au début des années 80. La tactique menée par Monsanto a fait disparaître le glyphosate des radars pendant plusieurs années. C’est ainsi que l’industrie s’emploie à semer le trouble. Les enjeux financiers sont colossaux : il faut semer le doute scientifique. Aux US, la preuve doit être apportée par les défenseurs de la santé publique ; on doit prouver scientifiquement qu’un produit est dangereux. En Europe où prévaut le principe de précaution, la charge de la preuve incombe aux fabricants. Dès qu’il y a un doute, on devrait interdire le produit. Normalement. Mais en réalité on n’applique pas le principe de précaution. Cette notion est devenue la bête noire des industriels mais ils s’appuient sur la difficulté à définir ce principe : tant que cela reste flou, on y met ce qu’on veut. C’est une sorte de joker que les décideurs n’utilisent pas ou plus que rarement (un contre-exemple rare : l’interdiction mondiale d’un produit dans la peinture des coques de bateaux).

Le principe de précaution ne s’est pas appliqué sur certains produits comme le tabac ou le sucre, car la vente de ces produits est légale !! Enormité du paradoxe.

Fabrication des controverses, machinerie de la manipulation

Les conflits d’intérêts forment un écosystème. Des publicistes ont développé des stratégies de manipulation, ce sont des fabricants de controverse, des instigateurs du doute ; ils ont mis en place une machinerie de la manipulation de la science dès 1969. Ils disaient : « notre produit c’est le doute car c’est ce qui nous permet de rivaliser avec la somme de faits et d’informations qui occupent l’esprit du grand public. » Le cabinet historique de l’industrie du tabac qui a mis au point ces stratégies est encore aujourd’hui sollicité par les institutions européennes.

Le désengagement de la puissance publique de la recherche a créé un vide qu’exploitent les firmes qui deviennent des partenaires privés des universités : l’intrication des fonds publics et des fonds privés conduit à une intrication des intérêts publics et des intérêts commerciaux. Voir le pneumologue qui exerçait son influence en matière de pollution de l’air sur les pouvoirs publics, tout en étant payé par Total, lien qu’il avait nié : le procès fut perdu.

Attaquer la connaissance ou la biaiser

Les firmes ont réussi à faire publier des fausses études en empruntant des codes ou des circuits académiques. La culture scientifique fait défaut chez les décideurs et dans le grand public. Les revues scientifiques produisent des articles qui construisent une certaine connaissance : les industriels ont réussi à infiltrer ce système de la production de la connaissance, ils mettent en place une stratégie de l’attaque , des dispositifs qui attaquent les études indépendantes selon des techniques types, ou deuxième stratégie : ils reprennent les études qui ont été faites sur la causalité entre l’exposition à des produits et la maladie : ils manipulent les chiffres, les statistiques et avec des astuces qui remoulinent des études épidémiologiques, on leur fait dire le contraire de ce qu’elles voulaient dire au départ.





Le lobbying, une profession faiblement réglementée

La profession des lobbies est très faiblement règlementée : on n’est pas capable de mettre ne place un registre obligatoire et opérationnel dans lequel les lobbystes pourraient et devraient déclarer qui ils rencontrent, le thème abordé, les montants en jeu. La France est moins règlementée que l’Europe ou les US. Le problème est souvent l’association que l’on fait entre la corruption (illégale) et le lobbying (légal). En réalité le problème c’est qu’il est très difficile de se faire une opinion par soi-même quand on rencontre beaucoup de monde dont les idées vont dans le même sens, à coups de séminaires et autres stratagèmes massifs, et quand de surcroit on n’a pas de culture scientifique qui fait le poids. C’est ce que l’on appelle « la capture réglementaire » : pour un lobbyste, il est plus avantageux de participer à la rédaction de la loi plutôt que de la subir.

En tant que journaliste nous sommes choqués de l’absence de transparence sur les relations entre les lobbystes et les députés, leurs collaborateurs, les décideurs publics.



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03 novembre 2018

Château Latour, quand un roi du bordeaux passe au bio

Château Latour, quand un roi du bordeaux passe au bio

L’un des plus grands châteaux de Pauillac a obtenu, le 22 octobre, la certification Ecocert France, qui valide la production de vins biologiques. Une première dans le cercle fermé des prestigieux domaines bordelais.

M le magazine du Monde | 02.11.2018 à 14h27 | Par

Frédéric Engerer, gérant de Château Latour, propriété de François Pinault depuis 1993.

Il suffit de peu pour abattre un mur. Le 22 octobre, un mur est tombé, avec un seul mot : « Certified !! ». Par ce Tweet laconique, le gérant de Château Latour, Frédéric Engerer, annonçait la conversion officielle au bio de l’un des plus grands châteaux de Pauillac à Bordeaux. Officieusement, ce vin l’est depuis trois ans au moins, durée obligatoire de conversion pour obtenir la certification Ecocert France, mais l’organisme qui valide la production de vins biologiques vient tout juste de délivrer son précieux sésame. Château Latour sera donc officiellement bio à partir du millésime 2018. Un pied de nez à ceux qui croient encore le vin bio cantonné à la marginalité, aux producteurs fantasques et aux petits vins.

Lire aussi :   Des vertus du vin bio

Le travail mené par le château, qui appartient à François Pinault depuis 1993, marque un véritable tournant. Certes, en Bourgogne, l’affaire était déjà pliée. Le domaine de la Romanée-Conti, le plus mythique de la région, est certifié en biodynamie depuis plusieurs années. Du côté des liquoreux bordelais aussi, le débat était clos puisque les grands Châteaux Climens et Guiraud, en sauternes et barsac, avaient déjà passé le cap. Mais pour les rouges de la région, il fallait un roi pour marquer les esprits. Des rois, sur la rive gauche, il y en a cinq. Les quatre châteaux classés premier grand cru en 1855 : Haut-Brion, Lafite-Rothschild, Latour et Margaux. Mouton-Rothschild ne le fut qu’en 1973. Pour donner un ordre d’idée, disons qu’une bouteille de ces cinq-là, selon les millésimes, dépasse régulièrement le millier d’euros.

« J’applaudis le choix de Latour, qui montre l’exemple. Pour autant, il ne faut pas penser que si Latour le fait, tout le monde peut le faire. Ce n’est pas facile. » Hubert de Boüard, Château Angelus

Avant Latour, d’autres domaines très respectables avaient ouvert la voie. Pontet-Canet, d’abord. Cet autre pauillac n’est « que » cinquième grand cru classé, mais sa réputation le hisse bien plus haut. Le millésime 2016 se prévend à 170 € la bouteille. Son label AB était une première secousse. Une seconde s’est fait sentir au printemps quand Château Angelus a annoncé sa conversion. Sur la rive droite bordelaise, ce premier grand cru classé A de saint-émilion n’utilisait que très peu de traitements chimiques depuis des années. Mais sauter le pas est une autre affaire. « C’est une chose de dire qu’on fait du vin bio, c’en est une autre d’être certifié », estime Hubert de Boüard, copropriétaire du Château Angelus. Dans le premier cas, on sait qu’un petit traitement de secours est possible, dans le second, on s’engage officiellement à respecter les règles. « J’applaudis donc le choix de Latour, qui montre l’exemple. Pour autant, il ne faut pas penser que si Latour le fait, tout le monde peut le faire. Ce n’est pas facile. Cette année de conversion m’a donné des cheveux blancs. On a dû investir beaucoup de travail, de personnel et d’argent pour obtenir une bonne récolte. Tout le monde n’en a pas les moyens. Ce n’est pas un signal universel. Mais c’est une philosophie obligatoire pour se forcer à avancer. »

Une attaque de mildiou

L’année 2018 a en effet été particulièrement ardue pour les viticulteurs bordelais. La chaleur et la pluie ont engendré une attaque de mildiou d’une intensité rare, difficile à traiter en bio comme avec la chimie. A une différence près : les produits de synthèse restent actifs même avec la pluie, quand il faut repasser après chaque ondée avec les produits autorisés en agriculture biologique et, donc, redoubler de vigilance. A Saint-Estèphe, le Château Lafon-Rochet a déclaré forfait après dix ans sans chimie. Trop de passages des tracteurs dans les vignes, trop de cuivre sur le sol selon son directeur, qui estimait dans La Revue du vin de France très récemment que, pour lui, le bio n’était pas la solution pour préserver l’environnement.

A Margaux, le Château Palmer a résisté. Ce troisième grand cru classé 1855 est certifié en bio et en biodynamie. Pour Thomas Duroux, le directeur général, l’agriculture biologique est un « passage obligé ». « C’est l’avenir. J’ai la conviction que nos vins n’ont jamais été aussi grands que depuis qu’ils sont en biodynamie. Pour moi, ça vaut le risque. Pour autant, je respecte les choix de chacun, y compris ceux qui estiment que le bio n’est pas fait pour eux. » En revanche, une opinion le met en rage : « Qu’on ne me dise pas que le bio pollue plus ! Il y a cinquante ans, pour protéger la vigne des maladies, on mettait 20 kg de cuivre par hectare au lieu de 3 kg aujourd’hui ! »

Restent les chiffres, qui montrent que le train est en route : sur le blog « Côté Châteaux » de France 3 Nouvelle-Aquitaine, Jean-Pierre Stahl relève que 15 % de l’ensemble des crus classés de 1855 sont désormais passés au bio, quand l’ensemble du vignoble bordelais n’est encore qu’à 8 %. Une autre locomotive va bientôt quitter la gare : Château Margaux, l’un des cinq plus grands de la rive gauche, est également en conversion.

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02 novembre 2018

Pesticides : exigeons l’épigénétique !

Pesticides : exigeons l’épigénétique !

Article paru dans le journal nº 61 d'alternative santé
  • Pesticides : exigeons l’épigénétique !

 

Les récentes tribulations judiciaires de Monsanto aux États-Unis a relancé le débat sur la dangerosité des phytosanitaires. Les études sur l’innocuité de ces produits chimiques, souvent biaisées, sont loin de faire l’unanimité. Mais nous allons peut-être disposer de nouveaux moyens d’investigation grâce à l’épigénétique, science qui met en évidence l’influence de l’environnement sur l’activité des gènes. Ainsi, des travaux ont révélé que certaines molécules synthétiques et plusieurs polluants, notamment utilisés par les agriculteurs, ont un effet épigénétique à distance. Il se pourrait que ce soit également le cas pour les molécules. Un simple contact avec elles suffit à être nocif, mais avec une rémanence à long terme. On a en effet observé que si certains gènes protecteurs peuvent être stimulés par une bonne hygiène de vie, à l’inverse, des gènes potentiellement dangereux inscrits dans notre génome peuvent brusquement s’exprimer, créant une avalanche de réactions pathologiques. Cela veut dire que des maladies hormonales ou cardiaques, des troubles neurologiques ou sexuels et de l’infertilité peuvent survenir longtemps après une simple exposition, même minime, aux phytosanitaires. Les modifications fonctionnelles des gènes seront en outre susceptibles de se transmettre à la descendance.

D’autres recherches pourraient confirmer le danger des phytosanitaires. Il s’agit de celles sur l’évaluation de la charge allostatique des mitochondries – terme qualifiant l’influence déséquilibrante des produits chimiques polluants sur nos cellules. L’allostase est l’état d’équilibre, correspondant à un bon état de santé cellulaire. La charge qui s’accumule de manière chronique suite à une exposition répétée à ces produits crée un déséquilibre affectant la santé. Cela par le biais des mitokines, substances hormonales sécrétées par les mitochondries cellulaires (ces organites qui permettent aux cellules de respirer et leur fournissent l’énergie). Les mitokines régulent le phénomène de vieillissement cellulaire, or on a déjà observé que certains produits chimiques perturbent ce fonctionnement et accentuent le vieillissement. Le cœur est l’un des organes les plus sensibles à ces dérèglements, car il contient énormément de mitochondries dans ces cellules musculaires. Lorsque celles-ci sont agressées, il s’ensuit des troubles du rythme du cœur et une dilatation du muscle cardiaque entraînant son insuffisance. Ce qui peut expliquer l’augmentation de maladies cardiaques chez les personnes respirant les épandages des produits chimiques dans les campagnes.

Les simples études réalisées par les laboratoires qui distribuent ces produits sont loin d’être suffisantes. Il faut exiger des tests épigénétiques et des mesures de l’influence des phytosanitaires sur les mitokines. Il serait intéressant d’étudier la répercussion de ces produits sur les gènes, les mitochondries et le cœur des agriculteurs. Les décisionnaires, députés et sénateurs, devraient être conscients que c’est l’avenir de nos enfants, et des leurs en particulier s’ils se promènent à la campagne, qui est en jeu. Ils ne devraient pas se contenter de croire ce que leur racontent les lobbyistes. Quant aux agriculteurs, otages de ce système, il faut sans tarder les aider financièrement à se tourner vers des solutions naturelles, car elles existent.

 

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Pesticides : quels sont les risques pour les riverains ?

Pesticides : quels sont les risques pour les riverains ?

 

Si des données scientifiques confirment déjà les inquiétudes de la population vis-à-vis des pesticides, la connaissance en ce domaine avance toujours. Ainsi, des recherches sont menées pour mesurer le risque encouru par les riverains des champs agricoles, comme l’explique l’autrice de cet article.

Noriane Souleymane-Cognez est doctorante en épidémiologie, université de Rennes 1, École des hautes études en santé publique (EHESP) – USPC.


Les épandages de pesticides sur les cultures inquiètent de plus en plus les riverains. Le cas de plusieurs enfants présentant des signes d’intoxication après l’application de pesticides sur des vignes à proximité de leur école à Villeneuve-de-Blaye (Gironde), en 2014, avait alerté les autorités sanitaires. La justice a cependant décidé l’an dernier d’abandonner les poursuites contre les exploitants des vignobles concernés. En réaction, quelque 150 personnes ont défilé au cours d’une marche blanche à Listrac-Médoc, le 8 octobre 2017, pour dénoncer le « déni de la dangerosité des pesticides » et réclamer une législation adaptée.

Habiter à proximité des champs entraîne un risque d’exposition plus élevé aux substances chimiques utilisées en agriculture. Or, il a été suggéré, dans un contexte d’exposition dans le cadre professionnel, que certaines ont des effets toxiques pour le système nerveux, que ceux-ci soient aigus — autrement dit que les symptômes se manifestent immédiatement — ou chroniques, c’est-à-dire persistants dans le temps. Par ailleurs, le gouvernement français a publié l’été dernier une liste des pesticides susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens. Ce terme désigne des molécules pouvant affecter notre santé en interférant avec notre système hormonal.

Qui est exposé à quoi, à quel moment et dans quelle proportion ? Les chercheurs ont imaginé des méthodes originales pour se procurer ces informations. Celles-ci seront précieuses, si l’on veut réussir à mieux protéger les riverains des exploitations agricoles, et en particulier les enfants.

De nombreux pesticides persistent dans nos environnements

Il est établi que l’ensemble de la population est exposé aux pesticides. Des résidus de ces substances sont en effet présents autour de nous, quel que soit l’endroit où nous vivons : dans les milieux aquatiques, l’air et les sols, ainsi que dans les maisons. Parmi les molécules retrouvées, certaines sont d’ailleurs interdites en usage agricole depuis de nombreuses années. Mais elles persistent dans l’environnement.

Les traitements des champs ne sont pas la seule source de cette contamination. Les pesticides sont également utilisés par les particuliers pour lutter contre les insectes dans leur logement ou pour désherber leurs allées, en médecine humaine et vétérinaire, par exemple contre les puces des chats ou des chiens, ou bien par les collectivités, par exemple dans les jardins publics.

Cependant, les poussières analysées à l’intérieur des habitations proches des zones agricoles sont contaminées en pesticides à des niveaux plus élevés que les autres.

Lors de l’épandage, les molécules pesticides en suspension dans l’air peuvent en effet dériver en dehors des cultures. En fonction des conditions météorologiques, elles peuvent même parcourir des distances importantes, jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres. La contamination des zones habitées peut aussi se produire plusieurs semaines après l’application. En effet, les pesticides restés dans les eaux et les sols peuvent se volatiliser et se retrouver à nouveau dans l’air. Ce phénomène est notamment favorisé par des températures élevées.

Quels risques pour la santé des enfants ?

Le lien entre l’exposition chronique aux pesticides et la santé des populations a fait l’objet de nombreuses recherches à travers le monde. Ainsi, les enfants qui ont été exposés aux pesticides pendant la grossesse de la mère seraient plus à risque de développer une leucémie.

Une grande partie de ces données, cependant, concerne des enfants dont les parents sont particulièrement au contact de pesticides, soit de par leur profession, soit à travers l’usage domestique d’insecticides. Le cas des femmes enceintes vivant à proximité des champs a été moins étudié, car on peine encore à mesurer les effets d’une telle exposition à l’échelle d’un individu en population générale. Cela s’explique parce qu’il s’agit d’une exposition au long cours caractérisée par des doses faibles.

Pour aller plus loin, mon travail de thèse réalisé à l’Institut de recherche en santé, environnement et travail de l’Inserm s’est saisi de nouvelles données. La cohorte nationale Elfe, inédite par son ampleur, permet de suivre plus de 18.000 enfants nés en France en 2011. Lancée par l’Ined et l’Inserm, elle vient de livrer ses premiers résultats.

Parmi les femmes enceintes de cette cohorte, plus de 4.000 ont accepté de réaliser des tests sur les urines, le sang et les cheveux pour évaluer la présence dans leur organisme des polluants de l’environnement, dont les pesticides.

Mon travail de thèse s’intéressera à caractériser l’exposition environnementale aux pesticides de ces femmes et à identifier ses sources. Il sera réalisé grâce à différents outils de localisation géographique, de cartes d’occupation du territoire français, de questionnaires, de données d’enquêtes environnementales ainsi que d’études des agences françaises de surveillance de l’environnement et de sécurité sanitaire.

En recoupant l’ensemble de ces données, notre équipe pourra entre autres identifier, parmi les mères de la cohorte, celles qui sont des riveraines de champs où sont utilisés des pesticides ; et vérifier le lien qui pourrait exister entre leur exposition à certaines substances, et la santé de leurs enfants.

Des travaux similaires réalisés dans des régions agricoles de Californie ont précédemment mis en évidence un risque augmenté de malformations cardiaques et de troubles du spectre autistique ou de retard de développement chez l’enfant, en lien avec la proximité de l’habitation de la mère avec les cultures pendant sa grossesse.

L’avancée des connaissances doit permettre, à terme, de mieux mesurer le risque encouru par ceux qui habitent près des champs. Et partant, de mieux les en protéger.

Pesticides : quels sont les risques pour les riverains ?

2 novembre 2018 / Noriane Souleymane-Cognez (The Conversation)

 

Si des données scientifiques confirment déjà les inquiétudes de la population vis-à-vis des pesticides, la connaissance en ce domaine avance toujours. Ainsi, des recherches sont menées pour mesurer le risque encouru par les riverains des champs agricoles, comme l’explique l’autrice de cet article.

Noriane Souleymane-Cognez est doctorante en épidémiologie, université de Rennes 1, École des hautes études en santé publique (EHESP) – USPC.


Les épandages de pesticides sur les cultures inquiètent de plus en plus les riverains. Le cas de plusieurs enfants présentant des signes d’intoxication après l’application de pesticides sur des vignes à proximité de leur école à Villeneuve-de-Blaye (Gironde), en 2014, avait alerté les autorités sanitaires. La justice a cependant décidé l’an dernier d’abandonner les poursuites contre les exploitants des vignobles concernés. En réaction, quelque 150 personnes ont défilé au cours d’une marche blanche à Listrac-Médoc, le 8 octobre 2017, pour dénoncer le « déni de la dangerosité des pesticides » et réclamer une législation adaptée.

Habiter à proximité des champs entraîne un risque d’exposition plus élevé aux substances chimiques utilisées en agriculture. Or, il a été suggéré, dans un contexte d’exposition dans le cadre professionnel, que certaines ont des effets toxiques pour le système nerveux, que ceux-ci soient aigus — autrement dit que les symptômes se manifestent immédiatement — ou chroniques, c’est-à-dire persistants dans le temps. Par ailleurs, le gouvernement français a publié l’été dernier une liste des pesticides susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens. Ce terme désigne des molécules pouvant affecter notre santé en interférant avec notre système hormonal.

Qui est exposé à quoi, à quel moment et dans quelle proportion ? Les chercheurs ont imaginé des méthodes originales pour se procurer ces informations. Celles-ci seront précieuses, si l’on veut réussir à mieux protéger les riverains des exploitations agricoles, et en particulier les enfants.

De nombreux pesticides persistent dans nos environnements

Il est établi que l’ensemble de la population est exposé aux pesticides. Des résidus de ces substances sont en effet présents autour de nous, quel que soit l’endroit où nous vivons : dans les milieux aquatiques, l’air et les sols, ainsi que dans les maisons. Parmi les molécules retrouvées, certaines sont d’ailleurs interdites en usage agricole depuis de nombreuses années. Mais elles persistent dans l’environnement.

Les traitements des champs ne sont pas la seule source de cette contamination. Les pesticides sont également utilisés par les particuliers pour lutter contre les insectes dans leur logement ou pour désherber leurs allées, en médecine humaine et vétérinaire, par exemple contre les puces des chats ou des chiens, ou bien par les collectivités, par exemple dans les jardins publics.

Cependant, les poussières analysées à l’intérieur des habitations proches des zones agricoles sont contaminées en pesticides à des niveaux plus élevés que les autres.

Lors de l’épandage, les molécules pesticides en suspension dans l’air peuvent en effet dériver en dehors des cultures. En fonction des conditions météorologiques, elles peuvent même parcourir des distances importantes, jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres. La contamination des zones habitées peut aussi se produire plusieurs semaines après l’application. En effet, les pesticides restés dans les eaux et les sols peuvent se volatiliser et se retrouver à nouveau dans l’air. Ce phénomène est notamment favorisé par des températures élevées.

Quels risques pour la santé des enfants ?

Le lien entre l’exposition chronique aux pesticides et la santé des populations a fait l’objet de nombreuses recherches à travers le monde. Ainsi, les enfants qui ont été exposés aux pesticides pendant la grossesse de la mère seraient plus à risque de développer une leucémie.

Une grande partie de ces données, cependant, concerne des enfants dont les parents sont particulièrement au contact de pesticides, soit de par leur profession, soit à travers l’usage domestique d’insecticides. Le cas des femmes enceintes vivant à proximité des champs a été moins étudié, car on peine encore à mesurer les effets d’une telle exposition à l’échelle d’un individu en population générale. Cela s’explique parce qu’il s’agit d’une exposition au long cours caractérisée par des doses faibles.

Pour aller plus loin, mon travail de thèse réalisé à l’Institut de recherche en santé, environnement et travail de l’Inserm s’est saisi de nouvelles données. La cohorte nationale Elfe, inédite par son ampleur, permet de suivre plus de 18.000 enfants nés en France en 2011. Lancée par l’Ined et l’Inserm, elle vient de livrer ses premiers résultats.

Parmi les femmes enceintes de cette cohorte, plus de 4.000 ont accepté de réaliser des tests sur les urines, le sang et les cheveux pour évaluer la présence dans leur organisme des polluants de l’environnement, dont les pesticides.

Mon travail de thèse s’intéressera à caractériser l’exposition environnementale aux pesticides de ces femmes et à identifier ses sources. Il sera réalisé grâce à différents outils de localisation géographique, de cartes d’occupation du territoire français, de questionnaires, de données d’enquêtes environnementales ainsi que d’études des agences françaises de surveillance de l’environnement et de sécurité sanitaire.

En recoupant l’ensemble de ces données, notre équipe pourra entre autres identifier, parmi les mères de la cohorte, celles qui sont des riveraines de champs où sont utilisés des pesticides ; et vérifier le lien qui pourrait exister entre leur exposition à certaines substances, et la santé de leurs enfants.

Des travaux similaires réalisés dans des régions agricoles de Californie ont précédemment mis en évidence un risque augmenté de malformations cardiaques et de troubles du spectre autistique ou de retard de développement chez l’enfant, en lien avec la proximité de l’habitation de la mère avec les cultures pendant sa grossesse.

L’avancée des connaissances doit permettre, à terme, de mieux mesurer le risque encouru par ceux qui habitent près des champs. Et partant, de mieux les en protéger.

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31 octobre 2018

Assemblée générale du 22 octobre 2018 de l'association Collectif Basse Vallée du Lot – Santé Environnement

Assemblée générale du 22 octobre 2018 de l'association Collectif Basse Vallée du Lot – Santé Environnement

 

 

 

Petit rappel sur l'objet de la création de L'association : Le collectif a été créé en 2016 fort d'une quinzaine d'adhérents, puis est devenue une association loi 1901 depuis le 1 juin 2017.

L'origine de la création de cette association est le constat désespérant et alarmant sur le terrain de l'utilisation toujours persistante de pesticides pour le traitement des vignes et dans l'agriculture conventionnelle (échec du plan écophyto et augmentation de 22 % des produits chimiques de synthèse utilisés) et de l'obligation pour les riverains de le supporter (pendant les périodes de traitement) alors que tous les médias dénoncent quotidiennement les dangers de ces produits que l'on respire, que l'on ingère.

Les recherches scientifiques réalisées en santé-environnement ont démontré par des études rigoureuses, des découvertes alarmantes puisque ces composés chimiques par effet « cocktail » deviennent en réalité des perturbateurs endocriniens connus pour perturber le fonctionnement de la thyroïde, et causer des troubles neurologiques et des déficits de l'attention chez les enfants, et des développements de cancers.

La maladie de Parkinson est reconnue comme maladie professionnelle. Que faut-il de plus aujourd'hui pour une réelle prise de conscience des dangers des pesticides, la preuve juridique n'est plus pertinente.

Ce rapport moral a été voté à l'unanimité par les 6 participants.

 

Des décisions d'action ont été proposées : la poursuite de la participation à l'Appel de Fabrice Nicolino, de François Veillerette et à « l'Appel des 100 » sur le site : « nousvoulonsdescoquelicots .org», un rassemblement à Prayssac aura lieu devant la mairie vendredi 2 novembre de 10h30 à 11h30, un stand sera tenu sur la foire-bio de Noël à Cahors le 16 décembre 2018 (pas encore certifié), une animation au magasin-bio de la Vie Claire à Prayssac dont la date n'est pas encore fixée ainsi que la projection d'un film au cinéma Louis Malle,suivie d'un débat, qui reste encore à choisir.

 

Rapport financier au 30 juin 2018 :

Montant des recettes : 290€

Montant des dépenses : 45,25

Solde au 30 juin 2018 : 244,75€

 

Pas de candidat au poste de trésorier et l'élection de 3 membres au conseil d'administration est remise à une prochaine assemblée.

 

Ceci est un appel à mobilisation pour la suite de l'engagement citoyen et une invitation à prendre contact ou à manifester son souhait de participation

Président de l'association : Philippe CADOUX

Mail de l'asso : cbvlse46@gmail.com

Adresse du blog : http://cbvlse.canalblog.com/

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15 octobre 2018

Bretagne: déstockage d'herbicides composés de glyphosate au Bricomarhé - Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 14/10/2018 à 16:38

Bretagne: déstockage d'herbicides composés de glyphosate

Le glyphosate est le principal composant du Roundup, un pesticide très controversé. REUTERS/Charles Platiau
Le magasin a présenté ses excuses pour la promotion de ces substances bientôt interdites aux particuliers.
Curieuse tête de gondole que celle exposée dans le magasin Bricomarché de Carhaix (Finistère). L'enseigne a dû
présenter des excuses à ses clients vendredi après avoir proposé un déstockage d'herbicides - parmi lesquels le
controversé Roundup - contenant du glyphosate. Problème ? L'utilisation du glyphosate, soupçonné d'être
cancérigène, sera bientôt interdite aux particuliers français en raison des risques que ce principe actif représente
pour la santé.
Le Bricomarché ne cache d'ailleurs pas l'information à ses clients. Il en fait même un argument de vente, comme
en témoignent les photos diffusées sur les réseaux sociaux par des clients indignés.
« Maladresse »
L'affiche a fait le tour des réseaux sociaux vendredi, à commencer par Twitter, conduisant la direction du magasin
à s'excuser dans un communiqué."Nous avons bien pris en compte le mécontentement de nos clients concernant notre tête de gondole sur les
produits phytosanitaires. Nous tenons à nous excuser de notre maladresse", indique le magasin breton sur sa page
Facebook.
« Il s'agit d'une erreur humaine et non d'une provocation de notre part, ni [d'une volonté] de faire le buzz. Nous
allons proposer de ce fait des produits en adéquation avec les cultures biologiques », précise le magasin, qui ajoute avoir retiré sa tête de gondole ainsi que l'affiche l'accompagnant. 

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Assemblée générale de l'association

Collectif Basse Vallée du Lot – Santé-Environnement (CBVLSE)

 

 

ASSEMBLEE GENERALE

 

LUNDI 22 OCTOBRE 2018

Salle de la mairie (en bas)

PRAYSSAC

 

 

INVITATION

 

 

ORDRE DU JOUR

 

- 18 h Accueil

 

- 18 h 15 Petit rappel sur l'objet de la création de l'association

Bilan d'activité 2017-2018 et rapport financier

 

- 18 h 45 Élection d'un(une)nouveau trésorier (ère) et de 3 membres du Conseil d'administration

 

Débat sur l'avenir du CBVLSE - Actions à entreprendre et moyens pour y parvenir - parole donnée aux adhérents.

 

 

- 19 h30 enregistrement des cotisations 2018

 

 

Le président, Philippe CADOUX

 

 

 

 

Afin de faciliter les débats merci d'étudier par anticipation les documents de séance, dont il ne vous sera pas fourni copie sur place et préparez vos interventions ciblées.

 

Il est en effet indispensable de consacrer un maximum de temps au débat sur les actions à mener.

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Nous voulons des Coquelicots (suite)

Bonjour,

"Nous voulons des coquelicots!"

C'est bien connu, les pesticides (matières actives et leurs adjuvants) tuent (sens du suffixe "cide"). Ils tuent les plantes (herbicides), les insectes (insecticides), les champignons  (fongicides), les rongeurs (raticides), les petits vers du sol ou nématodes (nématicides), les mollusques comme les limaces et les escargots (molluscicides)... et la liste n'est pas exhaustive. 

La biodiversité dégringole, le climat s'affole. Les victimes collatérales sont les oiseaux et les mammifères sauvages soit directement, soit indirectement,

... et les humains! Malgré quantité d'études universitaires démontrant les risques sanitaires avérés (cancers,maladie de Parkinson, troubles psychomoteurs chez les enfants, infertilités, malformations à la naissance...) et les risques potentiels tout aussi nombreux, nos décideurs multiplient des engagements qui ne sont pas tenus...

La France se situe au second rang européen  (72000 tonnes par an), après l'Espagne (76000t/an) , en termes de consommation de ces poisons que l'on nomme  de façon plus édulcorée produits phytosanitaires.

Face à l'échec du plan Ecophyto lancé en 2008 qui prévoyait une baisse de 50% de l'usage des pesticides en France ( en fait, augmentation de 22% de l'utilisation entre 2008 et 2015), devant la fuite en avant des pouvoirs publics, pressés par les lobbies, peu enclins à accélérer le processus de Transition agricole et écologique, la Société Civile doit agir. Nous en avons assez de ces querelles d'experts, de ces études contradictoires qui font gagner du temps et des parts de marché aux empoisonneurs, qui conduisent notre agriculture dans le mur!

L'initiative du soulèvement vient d'être lancée par l'appel des 100 sur le site "nousvoulonsdescoquelicots.org".

Ce mouvement citoyen relaie un manifeste écrit par Fabrice Nicolino, journaliste d'investigation victime dans l'attentat contre Charlie Hebdo, et François Veillerette, militant de Générations Futures, et invite les populations à manifester leur refus de tous les pesticides de synthèse dans le cadre de manifestations publiques devant le plus grand nombre de Mairies...

La première de l'opération, susceptible de se répéter tous les premiers vendredis du mois pendant deux ans, vient d'avoir lieu le vendredi 5 septembre.

Un rassemblement d'une centaine de personnes a eu lieu devant la Mairie de CAHORS à partir de 18h30. Parmi ces anonymes (photo 1), nous avons reconnu la Sénatrice Angèle Préville (photo 2) qui soutient le mouvement.

D'autres interventions ont eu lieu dans le département qui doivent se fédérer.

La librairie Calligramme qui participe à l'action nous a signalé son souhait d'inviter Fabrice Nicolino à Cahors lors du marché bio de décembre.

Ne sachant si les médias locaux avaient prévu de relater l'événement, le GADEL, qui était présent sur le parvis de la Mairie, s'est autorisé à faire ce petit communiqué de presse.

 

 

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04 octobre 2018

Nous voulons des Coquelicots

Un rassemblement à l'appel de : Nous voulons des Coquelicots - Appel à la résistance pour l'interdiction de tous les pesticides est organisé ce vendredi à 18h30 sur le parvis de la mairie à Cahors, nous vous y attendons nombreux.

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17 septembre 2018

Interview De Fabrice Nicolino, journaliste à Charlie Hebdo

Résumé

Interview De Fabrice Nicolino, journaliste à Charlie Hebdo, sur France Culture, Mardi 11 septembre 2018 à 7H40 et 8H10. A réécouter en replay.

Cette émission annonçait la parution du livre manifeste de Fabrice Nicolino, co-écrit avec avec François Veillerette de l’ONG Générations futures : « Nous voulons des coquelicots » aux Editions Les Liens qui libèrent.

Elle lançait aussi le mouvement de mobilisation partout en France pour faire cesser l’utilisation des pesticides et inventer de nouvelles formes d’agriculture vertueuse et fructueuse en faveur de la vie.

Vous pouvez consulter le site nousvoulonsdescoquelicots.com ainsi que le blog de Fabrice Nicolino, Planète sans visa.

  • le symbole du coquelicot : une fleur belle, fragile, mais qui résiste car son pouvoir de germination est d’au moins 100 ans. Quand les pesticides cessent, ensuite le coquelicot refleurit.

  • Le lobby des pesticides est extraordinairement puissant , constitué après guerre, qui a reçu l’appui de l’Inra, du ministère de l’agriculture et qui relie toujours les services de l’état , du syndicat FNSEA, des industriels de l’agrochimie.

  • Toutes les politiques de réduction de pesticides ont échoué car ces lobbies sont enracinés dans l’appareil d’état.

  • Le discours public est hostile aux pesticides et pourtant l’utilisation des pesticides a augmenté : le plan écophyto , très cher, n’a pas produit ses effets. Tout cela à cause des lobbies, en particulier du syndicat associé à la politique agricole, et lié à l’univers marchand des pesticides, et tous ont intérêt à développer les pesticides en France, ils sont bien loin de défendre les paysans qui disparaissent.

  • Exemple le chlordécone interdit aux US en 1976 mais les propriétaires de bananeraies ont réclamé ces produits toxiques, soutenu par les pouvoirs publics jusqu’en 1993 en Guadeloupe qui détient le record du monde des cancers de la prostate.

  • Le lobbyiste travaille en défendant les intérêts marchands et privés auprès des politiques en utilisant des arguments faussés : voir les Monsanto papers, rendus publics après décision d’une cour fédérale américaine, qui organise la désinformation, qui fait avaliser et signer par des scientifiques connus des documents de propagande pseudo scientifiques écrits par les gens de l’industrie. Ensuite ils paraissent dans des revues et semblent sérieux alors que ce sont des articles de propagande.

  • Le glyphosate : cancérogène ou non ? Certainement et le round up encore plus car il ajoute des additifs qui rendent le produit encore plus toxique. Les industriels défendent leurs intérêts. Tout n’est que manœuvre de diversion et de retardement. Tout est documenté : on sait comment ça se passe avec les lobbyistes, on sait pour le tabac et l’amiante et pour le glyphosate. La dangerosité de ces molécules est démontrée partout dans les revues mais il y a pire, c’est l’effet cocktail des molécules : les molécules se mélangent dans l’être vivant, la chimie est une rencontre d’atomes, personne n’est capable de dire ce que ça produit dans le corps vivant. On en saura un peu plus sur ces effets de synergie de toutes ces mixtures chimiques dans notre corps que dans une ou deux générations. C’est très grave. C’est la contamination générale qui est dangereuse et certaine. Il n’y a plus de débat là-dessus.

  • Dix milliards d’êtres humains sur des sols stériles et dévastés par la chimie de synthèse : la catastrophe arrive. La réponse globale à cette dévastation, c’est l’agriculture biologique, en maintenant un minimum de biodiversité. La FAO le sait.

  • Pourquoi autant d’écart entre l’opinion politique favorable à l’écologie et les pouvoirs publics ?

  • L’écologie, c’est une rupture mentale et donc une rupture politique décisive, on ne pleut plus se battre comme avant, compte tenu de l’imminence des dangers, c’est une rupture avec la vision industrielle du monde, qui inclut les visions de droite et de gauche. L’écologie c’est la planète et la totalité des liens sur la planète. On se heurte à un mur physique infranchissable. Il faut unir des forces disparates.

  • « Nous voulons des coquelicots » est un livre, une association et un site nousvoulonsdescoquelicots.com sera ouvert le 12 septembre et on appelle à des rencontres sur les places de France. La société démocratique doit se réveiller : nous voulons des oiseaux, des coquelicots.. ; il faut un pacte pour arrêter l’agriculture industrielle : un plan à plusieurs années. C’est une crise planétaire. On voudrait à terme réunir 5 millions de personnes. Pour qu’il y ait crise politique et faire pression sur le gouvernement.

  • L’appel à l’interdiction des pesticides doit inciter tous les gens à sortir pour quelque chose de vivant.

  • Comment lutter contre les lobbies ? Ne plus croire les gens non crédibles : il faut leur demander des comptes.

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