Collectif Basse Vallée du Lot Santé-Environnement

19 avril 2018

Agriculture : se passer des pesticides, c’est possible !

Agriculture : se passer des pesticides, c’est possible !

Publié par la fondation pour la nature
Le sujet des pesticides est au cœur de l’actualité : vote de l’interdiction de tous les pesticides néonicotinoïdes en 2020, autorisation européenne du glyphosate, protection des riverains... Pas une semaine sans que ce sujet fasse l’objet de débat. Enjeu environnemental, sanitaire et économique … peut-on vraiment faire avec moins de / sans pesticides ? Comment faire pour réduire leur utilisation ? La Fondation Nicolas Hulot met tout en œuvre pour à la fois proposer une réduction de ces substances et montrer que se passer de leur usage est possible !

Alternatives aux pesticides

L’alternative c’est l’agroécologie

Depuis 60 ans, l’agriculture s’est largement appuyée sur les intrants de synthèse (engrais et pesticides) afin d’augmenter les rendements. Le succès a été au rendez-vous mais les impacts écologiques de ces nouvelles pratiques n’ont été mis en évidence que bien plus tard. Depuis les premiers soupçons sur les impacts sanitaires et environnementaux des pesticides, les études se multiplient pour pointer leur dangerosité… jusqu’aux prises de positions de l’OMS ou encore de l’EFSA sur certains produits ou encore les interdictions de certains pays voire de l’Union Européenne de certains produits et usages. Les pouvoirs publics commencent donc à prendre conscience de l’ampleur des dégâts mais beaucoup reste à faire tant au niveau national qu’européen.

Mais comment faire avec moins de chimie voire sans chimie ? Le meilleur exemple reste l’agriculture biologique qui n’utilise pas d’engrais ni de pesticides de synthèse. En France, son développement actuel (près de 5% de la surface agricole française est en bio, chaque jour en 2017 on compte 21 fermes bio supplémentaires) montre que non seulement cette agriculture est écologiquement intéressante mais en plus économiquement et socialement enviable.

Ferme bio en france

Au-delà de l’agriculture biologique, il est possible pour les agriculteurs de réduire fortement l’usage des pesticides. Les fermes du réseau DEPHY (réseau de Démonstration, d’Expérimentation et de Production de références du plan Ecophyto) le prouvent. Comme pour l’agriculture biologique, le secret – qui n’en est plus un – est le retour à l’agronomie : rotation des cultures, variétés adaptées, décaler les semis, bio-contrôle, rétablissement des haies et autres infrastructures agro-écologiques… C’est une modification des pratiques et de l’organisation même du système agricole qui est en jeu. Pas simple mais tout à fait réalisable à moyen terme si les pouvoirs publics le soutiennent et l’encouragent.

agriculture bio en france

Des exemples d’alternatives

Mi-mars, le débat et le vote par les députés de l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes en 2018 avec dérogation puis en 2020 pour tous sans exceptions. Ce débat a relancé cette question des alternatives. Certains avaient mis en avant le fait qu'une telle interdiction serait compensée par l’utilisation d’alternatives chimiques plus nocives encore (d’autres pesticides). Si cette option est possible, elle n’est bien entendu pas souhaitable et encore moins à favoriser… Les alternatives dont parlent les associations, les apiculteurs et les agriculteurs déjà engagés dans ces démarches sont bien des pratiques n’ayant pas recours à la chimie de synthèse !

Par exemple, le maïs est une culture pour laquelle sont utilisées les semences enrobées de substances néonicotinoïdes afin de lutter contre un insecte : le taupin. Celui-ci mange les graines semées et qui n’ont pas encore levé, causant donc des pertes.

Afin de lutter contre le taupin, non pas a priori (c’est à dire sans savoir s’il est bien présent ou non dans la parcelle) mais sur la base d’observations de sa présence, plusieurs pratiques sont  aujourd’hui mises en évidence : l’allongement de la rotation et la place du maïs dans la rotation, décaler la date du semis, utiliser le bio-contrôle (champignons ou nématodes), substances répulsives ou attractives (appâts)… Face à un problème, l’agroécologie ne propose pas une solution unique mais une convergence de pratiques afin de réduire la pression des ravageurs… sans mettre à mal l’environnement.

La France peut continuer à être en pointe

La France va interdire les pesticides néonicotinoïdes. C’est une victoire pour les abeilles, l’environnement en général… et pour notre santé !

L’usage d’autres produits est également discuté actuellement, notamment le glyphosate (le fameux Round Up).  La loi pour la transition énergétique a adopté l’interdiction de la vente en libre service pour les particuliers à partir du 1er janvier 2017 et l’interdiction de l’ensemble de l’usage des pesticides aux particuliers en 2019.

Malgré ces prises de conscience, de nombreux blocages restent encore à lever pour amocrer une réduction significative de ces substances. Rappelons que le plan Ecophyto en vigueur depuis 2008 n’a pas permis de réduire leur usage… il a même augmenté de près de 10% ces dernières années…

La France peut poursuivre son engagement en faveur d’une agriculture moins dépendante des pesticides et meilleure pour la santé et l’environnement en :

  • Promouvant et soutenant les solutions alternatives issues de l’agroécologie et l’agriculture biologique par des financements fléchés (PAC, plan Bio, Ecophyto)
  • Maintenant sa position concernant l’interdiction du glyphosate au niveau européen
  • Séparant le conseil et la vente des pesticides, activités encore liées au sein des entreprises et coopératives, incitant de fait à la consommation
  • Interdisant des pesticides les plus dangereux pour l’environnement et la santé
  • Protégeant les riverains qui subissent l’épandage de ces produits en instaurant des zones de protection 

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16 avril 2018

Maladie de Parkinson: Le risque lié aux pesticides concernerait aussi les riverains

Totalité de l’étude à lire ici : https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2018/04/incidence_parkinson_beh_100418.pdf

 

Maladie de Parkinson: Le risque lié aux pesticides concernerait aussi les riverains

ETUDE Comme les agriculteurs, les habitants des régions agricoles et notamment viticoles sont exposés à ces substances phytosanitaires

Un agriculteur emploie des pesticides dans son champ en France (illustration).

Un agriculteur emploie des pesticides dans son champ en France (illustration). — PHILIPPE HUGUEN / AFP

L’étude a de quoi alarmer. Le risque de maladie de Parkinson lié aux pesticides ne se limiterait pas aux seuls agriculteurs. Toute la population des régions les plus agricoles, et notamment les plus viticoles serait ainsi concernée.

Une augmentation de la maladie de Parkinson dans la population générale habitant ces zones a été relevée dans une étude épidémiologique nationale publiée mardi 10 avril.

Un risque plus élevé de 10 % pour les agriculteurs

Cette augmentation est observée « y compris après exclusion des agriculteurs », souligne l’éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) dédié à la maladie de Parkinson paru la veille de la journée mondiale consacrée à cette pathologie neurodégénérative. L’utilisation importante des pesticides s’accompagnerait ainsi d’une exposition des riverains à ces substances phytosanitaires.

90 % des pesticides « sont dédiés à l’usage agricole, avec un risque plus élevé de maladie de Parkinson de l’ordre de 10 % chez les agriculteurs », souligne la neurologue Marie Vidailhet dans l’éditorial de ce numéro du BEH édité par l’agence sanitaire Santé publique France.

Les régions viticoles plus touchées

Si le rôle de l’exposition non-professionnelle aux pesticides était confirmé dans la maladie de Parkinson, « le nombre de cas de Parkinson attribuable aux pesticides pourrait être plus élevé que si seule l’exposition professionnelle était impliquée », selon les auteurs de l’étude.

Le risque est également plus fort dans les cantons où la proportion de terres dédiées à la viticulture est la plus nombreuse. L’incidence de la maladie est « plus élevée de 10 % par rapport aux cantons sans viticulture », notent-ils d’après des analyses effectuées à partir de 69.000 cas survenus en métropole sur la période 2010-2012.

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09 avril 2018

Les pesticides dans le vin, une réalité

Les pesticides dans le vin, une réalité Par SylvainLeleu

Pour lutter contre les organismes considérés comme nuisibles à leurs cultures, les viticulteurs utilisent des pesticides. Ces substances chimiques visent à anéantir ou prévenir la croissance des insectes ou tout autre organisme néfaste au développement des vignes. Le problème est que l'on retrouve ces pesticides dans le vin. Pour y voir plus clair, UFC Que Choisir a réalisé une étude dont les résultats dépassent l'entendement.

Le vin plus contaminé que l'eau

L'étude a pris en compte 92 vins issus de toutes les régions viticoles de France : Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Côtes-du-Rhône, Languedoc-Roussillon, Loire et Provence. Le verdict est sans appel : ils sont tous contaminés par des pesticides. Sur les 165 pesticides recherchés, 33 ont été retrouvés dans les vins examinés, dont certains sont interdits en Europe.

Le degré de contamination varie d'une région viticole à une autre. Les vins du Sud-Ouest sont les plus touchés par la contamination des pesticides. Ainsi, le célèbre Mouton Cadet 2010 de Bordeaux est le vin le plus contaminé de la liste avec 14 molécules de pesticides retrouvées. Cinq autres Bordeaux sont logés à la même enseigne avec des taux de résidus allant de 441 microgrammes/kg à 1.692 microgrammes/kg.

A l'inverse, les vins de Provence et de la vallée du Rhône, s'en sortent bien mieux.
Pour les chercheurs, le taux de résidus qu'affichent les vins analysés, permet de dire que les vins contiennent 3.000 fois plus de pesticides que l'eau. En effet, pour cette dernière, la norme applicable est de 0,5 microgramme par kilo d'eau (limite à ne pas dépasser).

Les vins biologiques n'échappent malheureusement pas à la contamination des pesticides ou des fongicides. Toutefois, les taux de résidus constatés chez les vins biologiques sont assez réduits par rapport à ceux des vins classiques.

Doit-on s'inquiéter ?

Malgré la forte teneur des vins en résidus de pesticides, aucun d'entre eux ne présente un danger pour la santé humaine, ce qui est plutôt rassurant. D'après les enquêteurs, les teneurs en pesticides affichés par les vins examinés sont largement en dessous du seuil de toxicité ou de la limite maximale de résidus (LMR). Mais au-delà de cette conclusion, l'analyse des vins français a permis de faire d'autres révélations.

Ainsi, parmi les substances détectées, on retrouve le bromopropylate et le carbendazyme. Or, la première molécule est interdite en Europe, tandis que la deuxième est retirée du marché français depuis 2007. Le carbendazyme a été retrouvé dans 19 bouteilles de vin examinées et en forte dose dans 5 d'entre elles.

L'Institut de Veille Sanitaire a publié en avril dernier, une enquête qui contredit la conclusion des enquêteurs de l'UFC Que Choisir. Selon cette dernière, les Français sont trois fois plus exposés à la contamination de certains pesticides que les Américains. Un rapport de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) allait également dans ce sens. Il a révélé que l'exposition des agriculteurs ou même des riverains aux pesticides, est susceptible de favoriser le développement de maladies cancérigènes et neuro-dégénératives.

Malheureusement, aucune norme n'existe...

Pour la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), les LMR (Limites Maximales de Résidus), qui sont définies en fonction des bonnes pratiques agricoles, s'appliquent par définition aux produits bruts, c'est-à-dire au raisin en cuve, avant la fermentation éthylique. Or, certains pesticides se retrouvent tout de même dans le vin, qui en est le produit final. A la DGCCRF, la LMR appliquée pour le raisin de cuve est également valable pour le vin. De ce fait, elle effectue chaque année, des prélèvements de vin et de raisin de cuve afin d'en vérifier la conformité des teneurs en pesticides par rapport à la réglementation.

Cependant, aujourd'hui, il n'existe officiellement aucune norme de sécurité en Europe pour le vin lui-même. Selon UFC Que Choisir, le projet pour l'instauration de la LMR est en étude depuis plus de deux ans. L'avancée de ce projet est sciemment hypothéquée par les lobbys, alors que d'autres pays ont déjà mis en place ce système de contrôle. La conclusion des enquêteurs stipule que la teneur en pesticides des vins français est sans danger sanitaire pour le consommateur. Toutefois, il existe "l'effet cocktail" (multi-résidus) mais aussi l'imprégnation sur le long terme. Cet aspect est encore à l'étude et reste mal compris par les scientifiques eux-mêmes...

Ainsi, il serait difficile de mesurer le risque d'un éventuel croisement de plusieurs résidus de pesticides, même à faible dose. En l'absence de norme réglementaire pour les vins, il revient donc au consommateur de prendre des précautions. Nous vous conseillons comme pour tous les aliments, de varier les vins mais aussi les régions d'origine. D'ailleurs, les vins bio se révèlent un bon compromis, d'abord parce qu'ils présentent des profils contenant moins de substances chimiques, mais aussi parce que les vins bio sont contrôlés par des organismes de certification indépendants.

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02 avril 2018

Aticle FNE: Disparition des oiseaux en milieu agricole

Près d'un tiers des populations d'oiseaux des milieux agricoles et bâtis ont disparu en 30 ans

Le Museum national d’histoire naturelle (MNHN) et le CNRS publient ce jour deux études qui montrent que le déclin des oiseaux communs s’accentue en particulier dans les espaces agricoles et bâtis. En effet, l’indicateur issu de l’étude du MNHN et publié sur le site de l’observatoire national de la biodiversité montre que les oiseaux communs ont diminué de 22% en moyenne entre 1989 et 2017 mais de 33% pour les oiseaux des milieux agricoles et de 30 % pour ceux des milieux bâtis. Une accélération majeure du déclin ces dernières années.

France Nature Environnement s’alarme du déclin des populations d'oiseaux et rappelle qu'il ne s'agit pas d'une fatalité : cette disparition exige des actions concrètes et rapides pour préserver la biodiversité.

Changer notre modèle agricole, une nécessité

Les oiseaux des milieux agricoles sont particulièrement impactés par les pratiques agricoles intensives. Les prairies constituent actuellement le premier milieu qui disparaît du fait de l’urbanisation et de l’agriculture1 alors même que ces milieux sont indispensables aux oiseaux. Il est devenu urgent de préserver les milieux herbacés (prairies plus ou moins humides, pelouses sèches, landes) et l’ensemble des infrastructures agroécologiques (les haies, arbres isolés, bosquets, mares...), de ne plus les gérer de manière intensive mais bien extensive et de les restaurer. Ces mesures doivent s’inscrire dans le cadre de la trame verte et bleue qui vise notamment à s’assurer d’une densité et d’une qualité suffisantes de ces milieux et de ces infrastructures pour former des réseaux écologiques indispensables à la biodiversité.

France Nature Environnement demande un changement en profondeur de notre modèle agricole. Cette transition doit être accompagnée par une réforme de la politique agricole commune. L’agroécologie qui lie l'agronomie et l'écologie doit en être la ligne directrice. Ces pratiques sont plus respectueuses des hommes, des terres et de la biodiversité, créant un cercle vertueux pour les agriculteurs, l’environnement et l’ensemble de la société.

L'urgence d'agir contre les pesticides

Beaucoup d’espèces d’oiseaux se nourrissent de graines ou d'insectes. Indirectement, elles souffrent donc de l’utilisation des pesticides, en constante augmentation, puisqu'ils font disparaître leur nourriture, les plantes messicoles et insectes dans les cultures. Les plus dangereux des pesticides, comme les néonicotinoïdes, ont également un impact direct sur les oiseaux des champs : ils peuvent s'empoisonner en consommant des semences enrobées de ces pesticides.

France Nature Environnement milite donc pour que le projet de plan d’actions sur les produits phytopharmaceutiques mis en place par le gouvernement prenne enfin en compte la biodiversité, totalement absente de la première mouture. C’est uniquement à cette condition que l’agriculture pourra se désintoxiquer de ces produits.

Les alternatives à ces substances sont nombreuses comme chacun peut le (re)découvrir à l'occasion des centaines animations organisées partout en France jusqu'au 30 mars dans le cadre de la 13ème semaine pour les alternatives aux pesticides.

Individuellement, vous pouvez également participer à la consultation publique concernant l’initiative européenne en faveur des pollinisateurs sauvages qui constituent une ressource alimentaire pour les oiseaux.

En milieux urbains, les oiseaux souffrent d'autres maux

Si les oiseaux des campagnes souffrent de l'agriculture industrielle, les oiseaux des milieux urbanisés pâtissent d'autres maux. Pour freiner leur déclin, il est nécessaire d’arrêter l’étalement urbain, de laisser une place pour la nature en ville dans le cadre de la trame verte et bleue et de développer des pratiques qui permettent de construire des bâtiments accueillants pour la biodiversité.

Ainsi, quels que soient les milieux, France Nature Environnement rappelle au gouvernement que la France a pris des engagements internationaux en faveur de la biodiversité : il est plus qu'urgent de les mettre en œuvre et de définir des actions concrètes pour préserver notre patrimoine naturel.

1Voir à ce propos les édifiants chiffres de l'observatoire national de la biodiversité concernant l'évolution des surfaces de grands espaces toujours en herbe , l'évolution des milieux naturels dans les secteurs de nature remarquable et le Principal milieu naturel métropolitain détruit par artificialisation
© photo : Bruant jaune. Crédit Nicolas Burhel

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30 mars 2018

Article FNE - Pesticides

Pesticides : ces labels trompeurs

Tribune. Les pesticides ont été un sujet important lors du Salon de l’Agriculture, qui vient de fermer ses portes. Alors que l’ensemble des acteurs s’accorde désormais sur l’urgence de la réduction de l’usage des pesticides, l’idée fait également son chemin dans la tête des consommateurs et des distributeurs. Dans ce contexte, les labels fleurissent… et tous ne se valent pas.

C’est pourquoi nous, associations engagées pour une alimentation durable, alertons l’ensemble des citoyens sur une nouvelle démarche : l’affichage de produits « zéro résidu » de pesticides. En plus d’être inexact, cet affichage ne répond absolument pas aux enjeux globaux liés à la réduction de l’utilisation de ces molécules. Et biaise donc les choix des consommateurs désireux de faire attention à ce qu’ils achètent.

Protégeons notre santé et notre environnement

Cet affichage est inexact, car pour trouver une molécule, il faut la chercher. Il est donc impossible de garantir qu’un aliment ne contient aucun résidu ; il est seulement possible de préciser qu’aucun des pesticides cherchés n’a été trouvé. Et le glissement de l’un à l’autre est beaucoup trop fréquent. Il faut donc être vigilant : quand on lit « zéro résidu », il faut en déduire « zéro résidu parmi les X qui ont été recherchés… ». De plus, les résultats d’analyse peuvent varier jusqu’à 50 % en fonction du laboratoire et des méthodes utilisées.

Si les pesticides sont dangereux dans notre assiette, ils le sont aussi dans notre environnement. Ce n'est pas parce que des produits alimentaires ne présentent plus de trace de pesticides quand ils arrivent sur les étals qu'ils n'en n'ont pas été aspergés quand ils étaient aux champs. Ils se retrouvent ainsi dans l’air, dans l’eau et mettent en danger la santé des agriculteurs, la santé des riverains et tout simplement, l'ensemble des écosystèmes. Aujourd'hui, en France, 92% des cours d'eau testés contiennent des traces de pesticides et plus de 25 % des pollinisateurs ont disparu ces trente dernières années. Sans oublier l’effet cocktail des pesticides : le mélange de ces substances chimiques peut représenter une toxicité imprévisible, plus élevée que pour chaque pesticide pris indépendamment. Cette nouvelle démarche ne répond donc pas à l’ensemble des enjeux de santé et d’environnement soulevés par les pesticides.

Mobilisons-nous pour une sortie des pesticides

L’histoire de l’agronomie du 20e siècle est marquée par une simplification progressive des questions posées : il est capital que la question des pesticides ne soit pas réduite au même sort ! La seule solution pour nous garder loin des pesticides est donc de limiter globalement l'usage de ces molécules. Pour cela, il est nécessaire d’engager un changement de modèles agroalimentaires qui impulsera la transition écologique de l’agriculture. Chaque consommateur peut agir en promouvant une agriculture véritablement durable : l'agriculture bio, qui n'utilise aucun pesticide de synthèse ou encore, l'agroécologie, qui réduit l'usage des pesticides et est maintenant reconnu par une certification environnementale officielle, la "Haute Valeur Environnementale".

Après 10 ans d’échec des politiques publiques de réduction des pesticides, nos associations demandent à ce que le gouvernement et la grande distribution prennent leurs responsabilités : en accompagnant les agriculteurs vers une réduction de leur usage des pesticides, mais aussi en s’engageant, envers les consommateurs, à ce que l’information (origine des produits, pesticides utilisés, etc.) soit transparente. Cela nécessitera une volonté politique, des moyens et des résultats qui soient enfin à la hauteur de l’urgence sanitaire et environnementale dans laquelle nous nous trouvons.

Signataires

Attac France, Bio Consom'acteurs, Commerce Equitable France, Eau et Rivières de Bretagne, FNH, France Nature Environnement, Générations Futures, Greenpeace, Justice Pesticides, LPO, MABD, MIRAMAP, OGM Dangers, WECF, WWF.

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27 mars 2018

Jean-Luc Fabre, vigneron atteint d'un cancer causé par les pesticides

Article vu sur La Dépêche du 27/03/2018

Jean-Luc Fabre, vigneron atteint d'un cancer causé par les pesticides : «La santé passe avant tout»

Agriculture - Témoignage d'un vigneron sur les dangers des pesticides

Pour Jean-Luc Fabre, il faut retrouver des pratiques agricoles plus respectueuses de la santé et de l'environnement./ Photo DDM, P.G.

Pour Jean-Luc Fabre, il faut retrouver des pratiques agricoles plus respectueuses de la santé et de l'environnement./ Photo DDM, P.G.

Jean-Luc Fabre a présidé pendant 11 ans la Cave coopérative de Labastide. En 2012, il découvre qu'il est atteint d'un lymphome. Reconnu comme maladie professionnelle, ce cancer du sang change son regard sur les pratiques viticoles.

Sa maison à Donnazac est entourée par les vignes. S'il a quitté la présidence de la cave coopérative en 2015, Jean-Luc Fabre est toujours à la tête de 28 ha. Au milieu de ce paysage si familier, il a accepté de témoigner sur sa maladie et le regard qu'il porte désormais sur les pratiques viticoles. Dans le vignoble gaillacois, ils sont peu nombreux à s'exprimer sur l'utilisation des pesticides et les conséquences qui peuvent en résulter.

«Lorsqu'on m'a annoncé ma maladie, cela fait un choc. On se dit pourquoi moi. J'ai toujours gardé le moral. J'ai été bien entouré par ma famille. J'ai aussi rencontré les membres de l'association France Lymphome Espoir. Avec la maladie, il ne faut pas s'isoler, rester optimiste pour mieux se soigner. On n'est pas foutu. On voit juste les choses différement et on profite de l'instant présent».

Le soutien de la famille, des collègues et de l'association

En 2012, Jean-Luc Fabre est toujours président de la cave. Malgré la maladie, il va le rester jusqu'au début de l'année 2015. «Les collègues m'ont conforté. Ils m'ont laissé le choix. Cela m‘a motivé pour poursuivre mon activité.»

En 2014, il y a la rechute. Il faut vivre avec les effets secondaires, la fatigue. Jean-Luc Fabre a une cinquantaine d'années. Il subit une chimiothérapie, une autogreffe du sang. Il «inaugure», c'est son terme, une chambre stérile à l'oncopôle pendant 3 semaines.

«J'ai d'abord pensé à ma propre santé. Ensuite, l'élément déclencheur de mon action est d'apprendre que le lymphome est reconnu comme maladie professionnelle dans la viticulture. Je me suis rapproché du médecin du travail. Il a fallu se battre avant d'obtenir cette reconnaissance.»

D'autres événements viennent percuter ses convictions de vigneron conventionnel. «La mort d'un viticulteur des Fédiès m'a interpellé. Le même âge que moi. Il est décédé au bout d'un an de la même maladie. Un autre viticulteur voisin est mort de la maladie de Parkinson. Elle est aussi reconnue dans le tableau agricole des maladies professionnelles depuis 2012.»

Sans vouloir juger quiconque, Jean-Luc Fabre a envie de partager sa prise de conscience avec ses collègues. «Je voulais témoigner sur ce que je sais désormais et que j'ignorais ou voulais ignorer auparavant. Dans ma vie professionnelle, je reconnais que je n'ai pas tout fait comme il faut ; que l'on ne se protégeait pas bien. Que j'ai employé des produits nocifs, certains devenus interdits. J'étais le premier à râler lorsque ces produits étaient interdits alors qu'on avait encore des stocks. Avec le recul et surtout après ce qui m'arrive, mon regard a changé. Mais ce qui me met un peu hors de moi, c'est que des produits organochlorés ou organophosphorés existent toujours. J'ai décidé de faire une réunion à la cave coopérative. On n'était pas très nombreux, une quinzaine. J'ai exposé mon cas. Le médecin du travail était présent ainsi qu'un technicien viticole. J'ai dit qu'il fallait trouver un équilibre dans la gestion des entrants. Un équilibre entre les discours des magazines agricoles sur l'obligation de traiter et la vision un peu sensationnalistes des dangers de ces traitements dans certaines émissions TV. Quoi que lorsqu'on regarde des reportages sur l'évolution de ces maladies dans l'environnement agricole, on peut s'interroger. Chaque produit a sa fiche de sécurité. Quand vous la lisez, c'est un peu comme pour la notice d'un médicament avec ses effets secondaires. On se focalise surtout sur l'aspect technicité. Il faut faire attention aux produits que l'on emploie. Si le viticulteur doit garder à l'esprit l'aspect économique de son exploitation, c'est la santé humaine qui passe avant tout.»

Passer le relais à un vigneron bio

Jean-Luc Fabre va prendre la retraite. «Maintenant, tous mes traitements phytosanitaires sont effectués par un prestataire de services. Je fais attention aux produits qui sont employés même s'ils sont un peu plus chers. Je ne suis pas passé en bio pour autant. Mais je suis en réflexion pour mettre mes vignes en fermage. Rien n'est décidé mais mon souhait serait de voir s'installer un vigneron en bio.»

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19 mars 2018

Futur plan pesticides présenté par le gouvernement le 18 janvier

URGENT : agissez avec Générations Futures pour que le gouvernement prenne en compte la demande citoyenne de forte réduction de l’usage des pesticides et de protection des populations dans le futur « plan pesticides ».

Le gouvernement a présenté le projet de futur « plan pesticides » le 18 janvier dernier. Ce plan est très insuffisant et ne permettra pas en l’état de conduire à une forte et rapide réduction de l’usage des pesticides ni de protéger convenablement les populations exposées (riverains, professionnels…).

Il reste quelques jours pour convaincre le gouvernement d’inclure dans le plan pesticides les mesures nécessaires !

Nous avons besoin de vous pour soutenir nos principales propositions et demander au gouvernement de les inclure dans le plan pesticides qu’il arrêtera à la fin de ce mois en signant notre pétition, et ce avant le 30 mars date prévue de finalisation du plan !

  •  Priorité 1 : Il est nécessaire d’interdire rapidement l’usage de tous les pesticides de synthèse dont les substances actives sont les plus préoccupantes pour la santé et l’environnement les cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques certains, probables ou possibles ainsi que perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés.
  • Priorité 2 : La mise en place de mesures de protection immédiate des populations est prioritaire. Nous demandons donc la mise en place de zones sans traitement avec pesticides de synthèse dans les 100 mètres de toutes les propriétés à usage d’habitation afin de protéger la santé des plus sensibles et particulièrement de la femme enceinte.
  • Priorité 3 : Il faut que la France s’engage à impulser une réforme totale de l’évaluation des pesticides en Europe notamment en exigeant que l’ensemble des études scientifiques disponibles et leurs conclusions soit prises en compte afin de mettre un terme à la situation actuelle scandaleuse dans laquelle ce sont les études fournies par les industriels qui servent de base à l’évaluation des pesticides !
  • Priorité 4 : Il est impératif que l’INRA augmente de manière considérable les budgets consacrés à la recherche sur des systèmes de cultures économes en intrant, y compris à travers une recherche participative avec les agriculteurs les plus performants dans ce domaine. Les produits de cette recherche devront ensuite être diffusés via des organismes de transfert (cf. Agrotransfert en Picardie) et les réseaux DEPHY.
  • Priorité 5 : Il faut impérativement que l’objectif de réduction de 50 % de l’usage des pesticides d’Ecophyto soit rappelé à ce stade ainsi que son indicateur de référence national NODU (basé sur le nombre de doses) et que la société civile soit associée à sa gouvernance !

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06 mars 2018

Manger sain, le mode d’emploi du bio

Manger sain, le mode d’emploi du bio

dans l’émission de France Culture du dimanche 6 mars à 12 H, « On ne parle pas la bouche pleine », avec Anne-Laure de Pazzis, responsable de l’épicerie Alpilles Bio.

A réécouter en cliquant sur le lien :

https://www.franceculture.fr/emissions/ne-parle-pas-la-bouche-pleine/salon-de-lagriculture-a-paris-manger-sain-le-mode-demploi-du-bio



En 29 minutes :

  • tout comprendre sur les bienfaits des produits bio comparés aux produits conventionnels, en particulier les produits transformés chargés d’éléments cancérogènes.

  • Savoir distinguer les produits bio industriels, importés, aux règles flexibles, des produits sérieusement labélisés, y voir clair dans les étiquettes, les origines, les circuits.

  • Savoir décrypter les notices pour se méfier des sucres non naturels, des graisses saturées ou hydrogénées, des additifs dangereux..

  • Savoir rééquilibrer son budget alimentation par des choix précis et des changements de pratiques d’achat et de modes culinaires : pas si compliqué que ça. Juste s’en donner la peine. Y compris à la cantine.

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01 mars 2018

Votre panier de fruits et légumes non bio : joyeux retour du marché !

Votre panier de fruits et légumes non bio : joyeux retour du marché !
L’Association Générations Futures a mené l’enquête sur la teneur en pesticides des
légumes et des fruits non bio examinés sur 5 ans en France : des résidus de pesticides
sont contenus dans les ¾ des fruits et dans 41% des légumes. En tête de la cohorte
maudite : le raisin suivi de la mandarine/clémentine, la cerise, les fraises.. et en
légumes, le cèleri, les herbes fraiches, les endives, les cèleris raves, les laitues…
Les effets des aliments contenant des traces, des résidus ou des molécules de
pesticides contribuent à maximiser les risques de mauvaise santé. Pensez donc à votre
santé, à celle de vos enfants ! Mangez moins, mangez mieux ! et faites vous-même la
cuisine !
Le sérieux indéniable de cette enquête, reprise dans toute la presse, s’établit sur une
méthode explicitée dans le site de Générations Futures ; vous pouvez télécharger le
résultat : https://www.generations-futures.fr/wp- content/uploads/2018/02/gf-rapport-
pesticides-v12- web.pdf
“Pour élaborer ce rapport, nous avons décidé de travailler avec les chiffres des plans
de surveillance réalisés par la DGCCRF de 2012 à 2016 — la dernière année
disponible en janvier 2018 — et de calculer et communiquer les taux de
contamination par les résidus de pesticides des principaux fruits et légumes durant
cette période, ainsi que les pourcentages de dépassement de Limites Maximales de
Résidu (LMR)”.
Attention : détail important !
Générations Futures demande … “la transparence totale sur les pesticides utilisés
dans la culture et le stockage des fruits, légumes et céréales par un affichage complet.
Elle ne considère pas que les dernières annonces de distributeurs de produits « sans
résidus de pesticides» répondent pleinement aux attentes des citoyens car ces offres
ne garantissent pas une absence d’utilisation de pesticides mais seulement une
absence de résidus pesticides au-dessus d’un certain seuil (généralement 10 μg/kg) ce
qui n’empêche pas ces aliments de contenir éventuellement des résidus de pesticides
inférieurs à ce seuil et ne supprime pas les pollutions environnementales.”
Le raisin, 7 ème fruit consommé par les Français.
Puisque nous sommes dans une region viticole, zoom sur le raisin donné par le
site de Générations Futures :
Surface agricole utile: 5423 ha en 2016
Nombre de traitement (IFT): en 2013, les viticulteurs ont appliqué en moyenne 19
traitements de pesticides avec une grande variabilité selon les regions. L’usage de
fongicides (contre les champignons) représente 79% des traitements (parmi ces
traitement, 96% visent en priorité le mildiou ou l’oïdium et 3% le botrytis).
Le reste des traitements se répartit entre le désherbage chimique (11%) et les
insecticides (moins de 10%). En 2010, l’IFT était de 11,6.

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27 février 2018

Cash Impact-: « Pesticides, notre santé en danger »

Voir et revoir Cash Impact, émission d’Elise Lucet sur France 2 du 27 février 2018 : « Pesticides, notre santé en danger ». 

Possibilité de revoir l’émission en replay.

 

Tout d’abord il y a les chiffres : 68 000 tonnes de pesticides vendues en France : même quantité qu’il y a trois ans.  Entre 2009 et 2016 : + 6%.

44 pesticides retrouvés dans les mèches de cheveux d’enfants dont les écoles (dans le Bordelais) jouxtent les vignes traitées, dont 24 classés rouges. Prélèvement de poussières dans les chambres d’enfants et chez les assistantes maternelles : présence de CMR (Cancérigènes, Mutagènes, Reprotoxiques) et 2 pesticides interdits.

L’Atrazine, désherbant résistant dans le sol et polluant massivement et durablement l’eau du robinet, interdit en France depuis 2001, grave perturbateur hormonal : enquête sur 3600 femmes enceintes et suivi de leurs enfants (Inserm) : 70% de risques d’avoir un périmètre crânien réduit de 4 cm, avec des conséquences sur le développent cognitif de l’enfant.

63 millions de tonnes de céréales produites en Ukraine où l’Atrazine n’est pas interdite : la France importe du maïs d’Ukraine !! 

Plus l’information vient à nous, plus on découvre que l'horreur grandit, que les petites améliorations sont loin de compenser le rouleau compresseur toujours aussi agressif, puissant et violent : 50 milliards de $ soit le chiffre d’affaire annuel des 4 principales multinationales de pesticides. Les états eux-mêmes, l’Europe pourront-ils réagir ? Un espoir chez certains vignerons inventifs et responsables, trop rares, dans la société civile et ses initiatives citoyennes, sa mobilisation autour de réponses alternatives.

 

Ensuite il y a le discours : face à la perspicacité et aux démonstrations rigoureuses d’Elise Lucet, les discours des responsables, patrons, syndicats, ministres, exploitants ont pour point commun de contourner la transparence, usant de contre-exemples tellement peu représentatifs de la réalité qu’ils n’ont pas de poids dans la rhétorique, ou détournant le propos vers d’autres sujets, jurant de leurs grands cris qu’il n’y a pas d’omerta, ce qui la dénonce d’autant plus, un discours fuyant, bancal, une draperie qui a du mal à cacher le stratagème communicant. Les téléspectateurs jugeront. On va chasser les fraudeurs qui utilisent encore des pesticides interdits mais les chartes de bonnes intentions ne sont pas contraignantes : que répondre aux mamans légitimement inquiètes que certains CMR sont encore homologués par le ministère de l’agriculture ? 

 

Un raisin merveilleux sur le gâteau du discours : le patron France d’une multinationale : « les normes sont relativement strictes ». Que l’on nous explique les vertus de l’oxymore, ou que l’on débusque derrière cette figure de style l’incohérence ou l’approximation de la pensée pour ne pas dire le brouillage des pistes, d’autant plus inquiétant qu’il est à la fois volontaire et pas maîtrisé.

Posté par Collectif_ BVLSA à 11:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]