Résumé

Interview De Fabrice Nicolino, journaliste à Charlie Hebdo, sur France Culture, Mardi 11 septembre 2018 à 7H40 et 8H10. A réécouter en replay.

Cette émission annonçait la parution du livre manifeste de Fabrice Nicolino, co-écrit avec avec François Veillerette de l’ONG Générations futures : « Nous voulons des coquelicots » aux Editions Les Liens qui libèrent.

Elle lançait aussi le mouvement de mobilisation partout en France pour faire cesser l’utilisation des pesticides et inventer de nouvelles formes d’agriculture vertueuse et fructueuse en faveur de la vie.

Vous pouvez consulter le site nousvoulonsdescoquelicots.com ainsi que le blog de Fabrice Nicolino, Planète sans visa.

  • le symbole du coquelicot : une fleur belle, fragile, mais qui résiste car son pouvoir de germination est d’au moins 100 ans. Quand les pesticides cessent, ensuite le coquelicot refleurit.

  • Le lobby des pesticides est extraordinairement puissant , constitué après guerre, qui a reçu l’appui de l’Inra, du ministère de l’agriculture et qui relie toujours les services de l’état , du syndicat FNSEA, des industriels de l’agrochimie.

  • Toutes les politiques de réduction de pesticides ont échoué car ces lobbies sont enracinés dans l’appareil d’état.

  • Le discours public est hostile aux pesticides et pourtant l’utilisation des pesticides a augmenté : le plan écophyto , très cher, n’a pas produit ses effets. Tout cela à cause des lobbies, en particulier du syndicat associé à la politique agricole, et lié à l’univers marchand des pesticides, et tous ont intérêt à développer les pesticides en France, ils sont bien loin de défendre les paysans qui disparaissent.

  • Exemple le chlordécone interdit aux US en 1976 mais les propriétaires de bananeraies ont réclamé ces produits toxiques, soutenu par les pouvoirs publics jusqu’en 1993 en Guadeloupe qui détient le record du monde des cancers de la prostate.

  • Le lobbyiste travaille en défendant les intérêts marchands et privés auprès des politiques en utilisant des arguments faussés : voir les Monsanto papers, rendus publics après décision d’une cour fédérale américaine, qui organise la désinformation, qui fait avaliser et signer par des scientifiques connus des documents de propagande pseudo scientifiques écrits par les gens de l’industrie. Ensuite ils paraissent dans des revues et semblent sérieux alors que ce sont des articles de propagande.

  • Le glyphosate : cancérogène ou non ? Certainement et le round up encore plus car il ajoute des additifs qui rendent le produit encore plus toxique. Les industriels défendent leurs intérêts. Tout n’est que manœuvre de diversion et de retardement. Tout est documenté : on sait comment ça se passe avec les lobbyistes, on sait pour le tabac et l’amiante et pour le glyphosate. La dangerosité de ces molécules est démontrée partout dans les revues mais il y a pire, c’est l’effet cocktail des molécules : les molécules se mélangent dans l’être vivant, la chimie est une rencontre d’atomes, personne n’est capable de dire ce que ça produit dans le corps vivant. On en saura un peu plus sur ces effets de synergie de toutes ces mixtures chimiques dans notre corps que dans une ou deux générations. C’est très grave. C’est la contamination générale qui est dangereuse et certaine. Il n’y a plus de débat là-dessus.

  • Dix milliards d’êtres humains sur des sols stériles et dévastés par la chimie de synthèse : la catastrophe arrive. La réponse globale à cette dévastation, c’est l’agriculture biologique, en maintenant un minimum de biodiversité. La FAO le sait.

  • Pourquoi autant d’écart entre l’opinion politique favorable à l’écologie et les pouvoirs publics ?

  • L’écologie, c’est une rupture mentale et donc une rupture politique décisive, on ne pleut plus se battre comme avant, compte tenu de l’imminence des dangers, c’est une rupture avec la vision industrielle du monde, qui inclut les visions de droite et de gauche. L’écologie c’est la planète et la totalité des liens sur la planète. On se heurte à un mur physique infranchissable. Il faut unir des forces disparates.

  • « Nous voulons des coquelicots » est un livre, une association et un site nousvoulonsdescoquelicots.com sera ouvert le 12 septembre et on appelle à des rencontres sur les places de France. La société démocratique doit se réveiller : nous voulons des oiseaux, des coquelicots.. ; il faut un pacte pour arrêter l’agriculture industrielle : un plan à plusieurs années. C’est une crise planétaire. On voudrait à terme réunir 5 millions de personnes. Pour qu’il y ait crise politique et faire pression sur le gouvernement.

  • L’appel à l’interdiction des pesticides doit inciter tous les gens à sortir pour quelque chose de vivant.

  • Comment lutter contre les lobbies ? Ne plus croire les gens non crédibles : il faut leur demander des comptes.